De candidate à créatrice : comment détacher l’étiquette collée par les concours musicaux ?

L’artiste Clara Charlotte, candidate de la troisième saison de Nouvelle École sur Netflix, a accordé une interview au magazine et s’est confiée sur l’impact de l’émission dans sa carrière musicale. Mise en lumière ou décrédibilisation de l’artiste ? Les concours musicaux façonnent une image publique dont certains aimeraient s’éloigner.
Par Athénaïs SOUCHON.

 

Le premier concours musical à la télévision est le Concours Eurovision de la Chanson diffusé en 1956. C’est dans les années 80 que l’on retrouve le premier concours de chant télévisé avec Fa, c’est facile à chanter. Depuis, de nombreux programmes se sont succédé sur nos chaînes. The Voice, Star Academy, Nouvelle Star… Nouvelle École apparaît en 2021 sur la plateforme Netflix et se différencie par son genre musical : le rap. Toutes ces émissions réussissent à réunir une large audience grâce à un contenu familial et divertissant. Leurs nombreux épisodes hebdomadaires permettent de fidéliser le spectateur, parfois même en l’incluant dans le concours grâce aux votes. 

Une nouvelle volonté entre en jeu : celle de plaire et de satisfaire le public. «Comment le public va percevoir une action artistique, comment il va la prendre, l’interpréter et la retranscrire. À partir de ce moment-là, tout ce qu’on fait n’est plus entre nos mains», exprime Clara Charlotte. Nouvelle École ne fait pas participer directement le public, mais un paramètre est à prendre en compte. Pour le jury, le gagnant est celui qui va réussir à faire des hits. Autrement dit, celui qui va convaincre de nombreux auditeurs à sa sortie. 

CLARA CHARLOTTE POUR NOWZI  ©MANON CHARLOT

Véritables tremplins pour la visibilité, ces concours offrent une image de l’artiste qui mérite d’être questionnée. Le format télévisuel peut privilégier le spectacle à l’authenticité artistique. «On nous connait de ouf grâce à l’émission et tant mieux […] Nous, en tant que personne humaine, on ne veut pas que les gens s’accrochent à une perception de notre personne qui représente 1% de notre personnalité […] Ce n’est pas qu’on ne veut pas être associé à cette image, mais on veut montrer au peuple qu’un épisode ne résume pas 30 ans d’existence sur Terre», nous confie l'artiste. Le principal risque d’une émission très suivie réside dans l’exposition médiatique. Un moment marquant de l’émission peut construire une idée autour de la personnalité d’un candidat. Cela est d’autant plus vrai avec les réseaux sociaux, où tout est relayé très rapidement. Elle nous explique : «Les gens se sont accaparé quelques minutes voire quelques heures et résument ça à toute une carrière, à toute une expérience artistique. Nous, notre, réflexe c’était d’exprimer au monde qu’on n’a pas commencé la musique avec Nouvelle École».

Si les concours peuvent offrir de très belles opportunités, comme la signature de contrats ou des propositions de concerts, l’étiquette qu’ils collent aux artistes peut être lourde à porter. Après les concours musicaux, il y a une attente du public envers un artiste que Clara Charlotte a décidé de contourner, en reprenant le contrôle de son image : «Quand je suis sortie, on m’a énormément demandé de rapper, […] sauf que je voulais montrer aux gens que je peux faire beaucoup de choses donc du coup je suis partie tout de suite dans l’axe chant». Afin d’affirmer sa crédibilité et sa légitimité dans l’industrie musicale, elle produit non pas pour les autres mais pour elle-même. Son objectif est clair : «devenir l’artiste du peuple qu’elle a toujours voulu être»

Les concours musicaux ont des conséquences ambivalentes sur la carrière des artistes. La forte exposition médiatique provoque de vives réactions de la part du public et il paraît nécessaire à l’artiste de s’en libérer. La crédibilité ne semble pas se gagner dans la compétition mais dans la sincérité et l’amour d’un projet musical. À l’ère des réseaux sociaux, l’image est presque aussi déterminante que la musique elle-même dans la construction d’une carrière. Mais Clara Charlotte assure : «Prends les mauvais commentaires, ça apportera les bons»

 

Retrouve notre échange complet avec Clara Charlotte sur Youtube !

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