Membre clé de NOWZI, Noah Parisot est de ceux qui ne restent jamais à une seule place. Graphiste/maquettiste, photographe, présent sur les shootings comme sur les événements, il construit l’image du magazine autant qu’il la capture.
À la croisée du design et de la photographie, nourri par le cinéma et passionné de musique, Noah incarne cette nouvelle génération de créatifs hybrides qui pensent en images et en émotions. Pour lui, chaque projet est un terrain d’expérimentation, chaque shooting une narration, chaque maquette une architecture sensible.
Par Agathe Longin
PORTRAIT DE NOAH © MATHILDE PIGAULT
N : Depuis quand bosses-tu avec NOWZI et quel est ton rôle au sein du magazine ?
N : Je suis arrivé chez NOWZI en juin 2025, et je suis graphiste/maquettiste et photographe, notamment pour le magazine papier.
N : On te reconnaît par ta volonté de participer à tous les projets : tu es presque tout le temps présent aux événements NOWZI, tu photographies beaucoup les artistes du magazine et tu participes aussi à la mise en page ! Qu'est-ce qui te plaît particulièrement dans ton travail chez nous ?
N : Chez NOWZI, c'est justement cette diversité qui me plaît particulièrement, premièrement parce que ça m'offre l'opportunité de toucher à plusieurs choses : la photographie, la maquette. mais surtout la diversité et la liberté créative dans chaque projet. On est toujours poussés à se réinventer à chaque nouvel article et à chaque nouveau shooting. Pouvoir participer à des événements, et travailler, rencontrer des gens aussi passionnés que moi, c'est tout simplement la meilleure opportunité que j'aurais pu avoir.
N : À quel moment as-tu compris que tu voulais exercer un métier créatif ?
N : Depuis petit, j'ai toujours été assez créatif, surtout via le dessin. Mais c'est au lycée, lorsque ma sœur m'a montré Mommy de Xavier Dolan, que j'ai compris que je voulais faire de l’image. En effet, c'est avec le cinéma que j'ai découvert l'art de l'image, que ce soit par le cadrage, la lumière, les couleurs etc..
De là, je suis allé chercher le vieil appareil de ma mère dans le grenier, et j'ai commencé à faire des photos. Ma curiosité a fini par me pousser à aller plus loin et, peu à peu, à force de mater des vidéos sur YouTube, j'ai commencé à me mettre à la retouche, puis à découvrir Photoshop et les autres logiciels. À force de m'entraîner et de faire des projets, j'en suis arrivé là où j’en suis aujourd’hui.
N : À terme, qu’est-ce que tu aimerais faire ?
N : Je pense que comme beaucoup de créatifs, j'ai beaucoup d'ambition et je vais faire beaucoup de choses différentes. L'objectif, c'est de continuer à mélanger la photographie et le design graphique. Étant passionné de musique, j’aimerais travailler de plus en plus en collaboration avec des artistes à l’avenir ! Je pense que si je devais avoir un but à atteindre, ce serait probablement d'avoir mon propre studio photo, et d'avoir la chance de continuer de travailler avec des personnes qui m'inspirent et que j’aime.
N : Graphisme ou photo ?
N : C'est une très bonne question qui s'avère assez dure à répondre car les deux sont toujours étroitement liés, surtout dans mon travail. Mais je pense que la photographie me fait de plus en plus vibrer. Selon moi, ça vient surtout du fait de capturer le réel, de figer un moment et d’avoir une trace d’un passage
N : Est-ce que le graphisme influence ton œil de photographe et ta manière de travailler ?
N : Oui, beaucoup ! Dans le graphisme, il y a quand même des règles à respecter et à dépasser, que ce soit par la grille, les couleurs, les formes. On retrouve aussi beaucoup cet aspect dans la photographie, et justement les deux sont très étroitement liés dans mon travail, j'aime beaucoup mélanger les deux. C'est ce qui m'a rapproché de plus en plus de l’édition.
N : Quel style de photo te parle le plus et pourquoi ?
N : Chez NOWZI, je fais beaucoup de shooting photo d’artistes ou de personnalités. J'aime beaucoup ce genre de shooting, parce que ça permet d'être créatif, surtout au niveau des retouches : créer des atmosphères ou des environnements fictifs propres à l’artiste.
Je pense que ma passion du cinéma me pousse à vouloir faire ce genre de photo. Mais personnellement, je pense que les photos du quotidien m'inspirent encore plus. J'ai beaucoup fait de Street photo quand j'ai commencé : capturer un moment, comme un souvenir, c’est ça qui me passionne vraiment.
N : Tu sembles aussi avoir de fortes compétences en post-production. En quoi est-ce différent et qu’est-ce que ça demande (précision, recherches, etc.) ?
N : La post-production me permet justement de développer le côté créatif et de pouvoir construire des atmosphères uniques, que je peux imaginer dans ma tête. L’inspiration, elle, peut venir d’un peu partout : un film, une musique, ou même la vie qui m’entoure ! Une fois que j'ai l'idée et la photo de base, c’est plus facile, mais cela reste un processus long pour arriver à créer exactement ce que j’ai en tête.
PHOTO DU MODÈLE @davidmrnn, DONT LE DÉCOR A ÉTÉ ENTIÈREMENT RÉALISÉ EN POST-PRODUCTION ©NOAH PARISOT
N : As-tu des shootings en tête ou des photographes qui t'inspirent dans ton travail ?
N : Oui, j'ai beaucoup de références, et je pense que c'est important de s'inspirer du travail des autres ! Étant passionné par l'image et la musique, je peux forcément citer le travail de Fifou et de tous ses shootings pour la scène musicale française. Je m'inspire aussi beaucoup des photographies de Jean de Blignières, Dorian Feraud, ou encore Szilveszter
N : Qu’est-ce que tu veux que les gens ressentent quand ils voient ton travail ?
N : J’essaye constamment de raconter une histoire différente dans mes photographies, mais souvent à travers le prisme de la mélancolie.
N : Si tu avais carte blanche totale pour un projet, sans limite de budget, tu ferais quoi ?
N : C'est assez difficile d'en choisir un parce que j'ai pas mal d'idées de côté. Cependant, une idée me trotte dans la tête depuis un moment et sort du lot. J’aimerais recréer un décor de chambre au milieu d’un paysage naturel, comme un désert, une montagne ou autre ! C’est sûr que ce projet demandera un certain budget et une bonne team pour réussir à le réaliser. Ce n’est peut-être pas pour tout de suite, mais je te garde en tête quand même !
N : Quel est le mythe sur la photo et le graphisme tu aimerais faire disparaître ?
N : Je ne sais pas trop s' il y a des mythes sur la photo et le graphisme, mais je pense que beaucoup de gens ne voient pas réellement le travail qu’il y a derrière x ou y production(s). Mais surtout, on ne voit pas à quel point le créatif met une part de lui dans ses travaux !
N : Quelle est la chose la plus audacieuse que tu souhaites faire cette année ?
N : C'est une année assez chargée et importante pour moi, entre mes études et le monde professionnel, mais l'objectif d'ici la fin de l'année, ça serait de me mettre à mon compte dans la photographie et de travailler le plus possible sur des projets avec des artistes.
N : Quel conseil donnerais-tu à quelqu'un qui veut se lancer dans un métier culturel aujourd'hui ?
N : Un truc tout con, mais n'ai pas peur de te lancer, réalise un maximum de projets, entoure-toi de gens qui te passionnent. Et surtout, le plus important, c’est d’essayer d'être fier de soi et de ne pas douter de sa légitimité et de ses compétences.

LYON © NOAH PARISOT