Membre passionnée de NOWZI, Emma, 23 ans, cumule les projets personnels et les expériences. Photographe freelance, étudiante en histoire de l’art, organisatrice d’événements chez Night 4, RP d’artistes et enfin, community manager chez nous, NOWZI. Avec sa personnalité électrique et son énergie débordante, Emma incarne une génération qui refuse de choisir entre passion et engagement. Son parcours est celui d’une touche-à-tout exigeante, animée par la transmission, l’authenticité et la nécessité presque vitale de créer. Dans cette interview, Emma parle sans filtre de ses débuts, de ses doutes, de ses combats et de ce qui la pousse, chaque jour, à faire de la culture un terrain d’action vivant et collectif.
Par Agathe Longin.
EMMA BERNARDES LORS D'UN SHOOTING POUR BYANDYSHOP
N : Depuis quand bosses-tu avec NOWZI et quel est ton rôle au sein du magazine ?
E : Je travaille avec NOWZI depuis cet été, j'ai été recrutée entre juin et juillet 2025 en tant que Community Manager afin de développer davantage notre visibilité sur les réseaux et d'élaborer de nouveaux formats. J'ai aussi réalisé différents shootings photo pour l'édition numéro 2 du magazine, et j'en suis particulièrement reconnaissante. C'est vraiment un honneur pour moi de travailler au sein d'un projet comme NOWZI et d'être accompagnée d'une équipe d'humains exceptionnels !
N : Qu'est-ce qui te plaît particulièrement dans ton travail chez nous ?
E : Au-delà de l'opportunité incroyable que j'ai de travailler pour NOWZI, je suis particulièrement fière de pouvoir m'investir dans un projet culturel avec une vraie vocation de faire bouger les choses et de transmettre une vision artistique de la culture, que ce soit au niveau de la mode ou de la musique. NOWZI mêle deux univers qui me passionnent profondément. Pouvoir allier mes compétences et mon art au service d'un travail collaboratif et bienveillant comme nous avons avec la team est un véritable honneur pour moi. Le papier et l'authenticité se perdent de plus en plus aujourd'hui et je suis ravie de pouvoir participer à un projet qui lutte contre ça.
N : Tu as une personnalité très éclectique : tu aimes toucher à tout et faire plein de choses. C'est quelque chose qui est important pour toi ?
E : *rires* Effectivement, j'ai une personnalité très éclectique ! J'ai toujours aimé apprendre et découvrir une multitude de choses différentes, je crois que l'on apprend beaucoup des autres, et en sortant de sa zone de confort. Depuis l’enfance, j'ai toujours eu énormément de centres d'intérêt différents et c'est ce qui compose l'essentiel de ma personnalité. Dû à mon éducation et à mon chemin de vie, j'ai eu l'occasion de beaucoup apprendre et de m'ouvrir à différents univers, même si l'art a une place d'autant plus particulière dans mon cœur. Au-delà de ça, j'ai une personnalité assez complexe et entière, ce qui fait que je m'intéresse à tout ! C'est aussi le reflet de ma sensibilité qui est assez puissante, j'ai rarement de demi-mesure *rires*.
N : Tu fais aussi beaucoup de photographie. Quel est ton parcours dans cette branche-là ?
E : J’ai commencé la photographie par des photos de concerts que je retouchais à l’iPhone, il y a 6 ou 7 ans maintenant ! Je crois que ma passion pour la peinture et la musique m'ont permis d'ouvrir mon regard. Puis j'ai sauté le pas pour acheter mon premier appareil photo début 2023. Lorsque je l'ai eu entre les mains, c'était une évidence : j'ai commencé à photographier des événements sur Lyon, des amis artistes en concert ou en studio d'enregistrement. De fil en aiguille, j'ai posté, j'ai été recrutée par différents médias rap et malgré des tas de remises en question et un manque d'estime de moi, je n'ai jamais lâché.
Aujourd'hui, c'est bien plus qu'un simple hobby, c'est une vocation presque vitale. Retranscrire des émotions, des moments de vie et les rendre inoubliables est ce qui me fait le plus vibrer dans la photographie – au-delà de tout l'aspect artistique qui est indescriptible bien entendu *rires* !
N : Quel style de photo te parle le plus et pourquoi ?
E : Comme j'ai pu le dire précédemment, je crois que ce qui me touche le plus ce sont les moments simples de vie. Je m’inspire aussi beaucoup du noir et blanc, cette manière de retranscrire un moment et de le figer tout en apportant une émotion sincère et artistique est tellement précieux ! Autrement, les tableaux picturaux, les magazines, la vie quotidienne et mes propres émotions (souvent décuplées d'ailleurs) sont mes principales inspirations.

EXPOSITION AVEC NIGHT 4 AU HEAT © NOAH MEUNIER
N : Parle-nous un peu du métier de RP. On sait que tu en as fait pas mal, raconte-nous rapidement ton parcours et les raisons pour lesquelles tu as voulu faire cela.
E : Effectivement, j'ai commencé à faire de la RP il y a 2 ou 3 ans je dirais. J'ai travaillé avec un ami à moi qui avait besoin d'aide pour se développer et j'ai simplement commencé par envoyer ses projets au maximum de contacts que je pouvais avoir. Ça s'est fait assez instinctivement, j'avoue. Depuis le début, mon unique objectif dans le milieu de la musique est d'aider les artistes talentueux quels qu'ils soient, à se développer et à leur apporter la visibilité qu'ils méritent.
Tout cela part uniquement de mon envie de soutenir les artistes je crois… C'est très simple, mais il ne m'en a pas fallu davantage pour commencer. Avec le temps, j'ai pris ce travail de RP d'autant plus à cœur, comme tout ce que je peux entreprendre. Je me sentais responsable d'une certaine manière, et ça me tient à cœur de participer à l'élévation d'un artiste en qui je crois.
Grâce à tout le travail que j'ai pu fournir ces dernières années, j'ai eu la chance de rencontrer du monde et d'avoir de plus en plus de contacts dans l'industrie. Il était donc important pour moi de mettre ça à profit pour partager des artistes et leurs projets.
N : Aujourd'hui tu en fais encore ?
E : Aujourd'hui, j'en fais beaucoup moins malheureusement, parce qu'à force de faire différentes choses à la fois, on s'y perd. Mais c'est un rôle que je prends toujours très à cœur, et ce serait un plaisir de pouvoir continuer avec de nouveaux artistes.
N : À 23 ans, tu as repris des études pour devenir professeur d'art plastique. Dis-nous en plus ! Pourquoi ce métier-là ?
E : Depuis que je suis petite, j'ai toujours souhaité être professeure pour transmettre et apprendre aux autres ce que je sais, c’est vraiment quelque chose qui me passionne particulièrement. Mais une vraie dualité s'imposait dans ma tête, entre faire ce métier et mon envie de faire de l'art. Il y a un an, j'ai eu une sorte d'illumination en me disant que je pouvais très bien allier les deux et qu'il n'était jamais trop tard pour reprendre les études. J'ai eu une longue période de doute et de remise en question, mais aujourd’hui, ça me paraît être une évidence d'enseigner l'art, surtout avec les générations qui arrivent. Je pense qu’il est vraiment important de faire perdurer la culture et l’art dans le temps.
N : Qu'est-ce qui t'anime dans ce que tu fais au quotidien ?
E : Ce qui m'anime particulièrement dans ce que je fais au quotidien, c'est de créer, d’expérimenter et d’apprendre sans modération. J'ai la chance de faire de nombreuses choses chaque jour, de travailler autant sur mes études en histoire de l'art que sur mes divers projets comme NOWZI ou la photographie en tant que freelance. Je suis tellement reconnaissante pour tout ça ! Au-delà de l'aspect créatif et le fait d'apprendre quotidiennement, j'ai la chance de travailler avec plusieurs personnes, dont mes amis, et c'est tellement enrichissant !
Pouvoir échanger, créer et avancer avec d'autres personnes toutes aussi talentueuses les unes que les autres me fait grandir et me remplit profondément d'émotions. Finalement ce sont les choses les plus simples et les plus pures qui m'animent le plus au quotidien.
N : À quoi ressemble une journée type dans ta vie ?
E : Une journée type dans ma vie se résume à me lever très tôt : entre 5h30 et 6h. Je prends systématiquement un café et une cigarette, et je profite de ce moment pour checker mes mails, mes dm et les réseaux, notamment pour organiser ma journée. La semaine, je vais en cours à Clermont-Ferrand et je bosse sur mes différents projets perso pendant mes pauses. Je me pose en terrasse entre 12h et 14h pour prendre un café et bosser ! En fin de journée, j’essaie d’aller au sport ou de prendre le temps de boire un verre avec mon entourage. Le soir, je travaille souvent sur mon ordi ou mon téléphone, et je m’endors toujours en faisant de la méditation pour poser mon cerveau. Le week-end, je suis souvent à Lyon pour la photo, NOWZI ou l’organisation d’événements avec Night 4 !
N : À tes heures perdues, tu participes à l’organisation des événements Night 4. Peux-tu nous parler rapidement de ce que tu fais avec elle ?
E : Le projet Night 4 est né d'un de mes meilleurs amis, Nadir. Il m'a tout de suite sollicité pour faire les photos de son premier événement. De fil en aiguille, les choses se sont faites assez instinctivement. On est très proches depuis plusieurs années maintenant et connaissant mon travail et le sien, c'était une évidence de travailler ensemble sur un projet comme celui-là.
Notre objectif est véritablement de continuer à faire perdurer la scène lyonnaise notamment en bookant des DJ lyonnais de notre entourage, ou d'autres artistes en qui l’on croit profondément. On a pour vocation de faire les choses de manière sincère, spontanée et sans filtre. C'est pas toujours évident parce que l'événementiel et la culture sont des milieux compliqués et particulièrement imprévisibles. Mais je crois que de travailler en famille représente notre plus grande force.
Chez Night 4, je gère principalement la communication et la gestion des événements en épaulant Nadir. On est accompagnés par Mathieu, un ami graphiste, Pana un DJ proche de nous qui s'occupe de la mise en place des line-up, et d'autres personnes de notre entourage qui s'occupent aussi de l'administratif. On est encore en plein développement, mais on avance ensemble, en se faisant confiance aveuglément et c'est tellement gratifiant de travailler avec des personnes qu'on aime !

De gauche à droite, NADIR, MATHIEU & PANA © EMMA BERNARDES
N : Quel conseil donnerais-tu à quelqu'un qui veut se lancer dans un métier culturel aujourd'hui ?
E : Je crois que le premier conseil que je donnerais à une personne qui souhaite se lancer dans le domaine de la culture, c'est avant tout d'oser. Parfois on a tendance à se freiner pour diverses raisons, mais il est important d’expérimenter, de créer et d’oser pour apprendre au mieux. L'aspect sociable et le réseautage sont aussi essentiels selon moi : c'est comme ça qu'on forme de vraies connexions, et que les choses peuvent aller très vite (c'était mon cas en l'occurrence).
C'est un milieu difficile : le budget alloué à la culture est réduit et les aides aussi, mais il est nécessaire de persévérer et de ne pas laisser toute cette énergie s’essouffler car ce sont des métiers remplis de passionnés.
Donc lance-toi, ose, et surtout fais-toi confiance !